~Posture assise
Le Bouddha a dit que la méditation était possible
dans les « quatre postures » : marchée, debout,
assise, et couchée. Selon le sage Patanjali, la bonne posture
de méditation est celle qui vous permet sans problème
de rester immobile et stable. Remarquez comme s’efforcer
de trouver une posture parfaite imaginaire n’est qu’un
jeu de l’esprit désagréable et qui subsiste.
Expérimentez différentes positions, spécialement
si vous luttez souvent contre la douleur pendant la méditation
assise, ou si la douleur persiste après avoir modifié
la posture que vous aviez choisi. Il n’est pas nécessaire
de s’asseoir de la même manière à chaque
méditation. Il est également possible de s’appuyer
contre un mur, de rester debout, ou de s’allonger dans le
hall.
Quelques trucs pour la posture assise
- Les mains reposent confortablement sur les genoux ou les cuisses.
La poitrine est ouverte, les épaules relaxées tombant
vers l’arrière.
- Le menton est légèrement rentré, permettant
au cou d’être plus droit que d’habitude.
- Le haut des hanches est légèrement basculé
vers l’avant, de manière à ce que l’abdomen
s’ouvre et que la colonne vertébrale soit soutenue
et droite. Trouver le bon angle pour le coussin ou le banc de
méditation peut faciliter le basculement des hanches vers
l’avant. Assurez-vous que le bord avant du coussin ou du
banc ne coupe pas la circulation du sang dans les jambes.
- Expérimentez pour trouver la meilleure hauteur : certaines
personnes peuvent s’asseoir directement par terre sans coussin,
mais la plupart ont besoin d’au moins deux coussins même
lorsqu’ils sont assis sur un banc ou une chaise.
- Mettez quelque chose sous un genou ou les deux s’ils ne
reposent pas fermement sur le sol.
- Si vous ne sentez plus vos jambes et/ou ne pouvez pas basculer
vos hanches vers l’avant, des étirements réguliers
des muscles des hanches et de l’arrière des jambes
vous aideront peu à peu.
S’asseoir sur une chaise
Avec les hanches légèrement basculées vers
l’avant et les pieds reposant fermement sur le sol, asseyez-vous
si possible sans vous appuyer sur le dossier de la chaise. Vous
pouvez surélever les deux pieds arrière de la chaise
sur de petits supports pour vous aider à basculer les hanches
vers l’avant, et empêche le bord avant de la chaise
de couper la circulation derrière les jambes.
S’asseoir sur le sol
Le style japonais :
Agenouillez-vous, les fesses reposant sur un coussin ou un banc
de méditation. Assurez-vous de ne pas trop faire porter
votre poids sur vos genoux. Pour éviter que vos genoux
soient trop étirés, vous pouvez placer derrière
chacun d’eux d’épaisses chaussettes roulées
en boule, par exemple.
Le style thailandais ou sri lankais :
Asseyez-vous sur un coussin ou sur le sol, une jambe pliée
devant vous, le genou pointant vers le côté (comme
en tailleur), et l’autre jambe pliée sur le côté,
le genou pointant vers l’avant et le pied vers l’arrière.
Comme pour la posture jambes croisées, alternez les jambes
à chaque méditation : si la jambe droite est devant
pendant une méditation, ce sera la gauche durant celle
d’après.
Le style birman :
Les deux jambes pliées, les genoux pointant vers les côtés,
avec l’extérieur des mollets et des chevilles reposant
sur le sol, une jambe devant l’autre. Alternez les jambes,
si possible.
Le lotus :
Même chose que le style birman mais avec un ou les deux
pieds et les mollets croisés l’un sur l’autre.
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~Etirements
Le plus important à garder à l’esprit
lorsqu’on s’étire est que chaque corps humain
est unique. Le challenge est de rester à l’écoute
de votre propre corps et de vous assurer que vous n’en faîtes
pas trop. Il est très important de laisser décider
la sagesse de votre propre corps car je ne suis pas une experte.
Je partage juste amicalement ces étirements que j’ai
appris de différents professeurs de yoga et de thérapeutes
corporels au cours des dernières années.
Hanches
- Allongez-vous sur le dos, jambe droite levée de manière
à ce que le pied pointe vers le plafond, pliez le genou
gauche vers la gauche, placez le pied gauche sur la cuisse droite
(en pliant la jambe droite si vous voulez), passez la main gauche
à travers l’angle de la jambe gauche et attrapez
vos mains derrière la cuisse droite, tirez vers votre abdomen,
tenez un moment. Inversez.
- Bercer le bébé : assis avec la jambe droite étirée
devant vous, pliez la jambe gauche, genou gauche vers le côté.
Placez le pied gauche dans votre coude ou votre main droite, et
le genou gauche dans le coude gauche. Pour un plus grand étirement,
levez la jambe gauche plus haut et ensuite tirez-la plus près.
Inversez.
- Gaumukhasana (position de la tête de vache !)
: asseyez-vous sur vos fesses avec l’aide d’une couverture.
Pliez la jambe droite devant vous, le genou pointant vers l’avant
et le pied droit près de – mais pas sous –
la fesse gauche. Croisez la jambe gauche sur la droite, afin que
le genou gauche vienne au dessus du droit et que le pied gauche
se retrouve près de la fesse droite. Penchez-vous doucement
vers l’avant si vous avez besoin de plus d’étirement.
(pour étirer la poitrine en même temps : pliez le
bras gauche derrière le dos, coude vers le bas et le bras
droit derrière la tête coude vers le haut, attrapez
vos mains si vous pouvez. Si vous n’y arrivez pas, utilisez
un tissu entre vos mains. Puis penchez-vous, les fesses toujours
en contact avec le sol.)
Inversez. Tenez la position au moins 2-3 minutes de chaque côté.
Ce sont des muscles raides.
- La boîte : assis sur les fesses, croisez la jambe droite
devant, le genou pointant en diagonale vers devant/la droite.
Croisez la jambe gauche au dessus. L’extérieur du
pied gauche est le long de l’extérieur du genou droit.
Le genou gauche tomberait dans l’arc du pied droit si la
hanche était flexible. Inversez. (2-5 minutes de chaque
côté.)
Hanches et jambes
- Asseyez-vous les deux jambes devant vous. Utilisez une couverture
sous l’arrière de vos fesses pour vous aider à
être assis sur les os fessiers.
a) Laissez l’inspiration vous aider à diriger vos
orteils vers vous et l’expiration à les pointer loin
de vous. Puis faîtes la même chose avec tout le pied.
Ensuite, tout en restant en rythme avec votre respiration, faîtes
des cercles avec vos chevilles, d’abord ensemble dans chaque
direction, puis en direction opposée. Attrapez vos mains
sous un genou, que vous pliez en tirant votre cuisse vers votre
corps avec l’inspiration ; avec l’expiration tendez
votre jambe et pointez vos orteils. Inversez.
b) Croisez le pied gauche sur la cuisse droite, aussi près
de votre corps que possible confortablement. Soutenez votre pied
gauche avec votre main droite, laissant le genou gauche pointer
vers la gauche. Utilisez votre bras gauche pour tirer la jambe
gauche vers vous en inspirant ; repousser-la doucement vers le
sol en expirant. Changez de côté.
c) En commençant dans la même position que pour b),
faîtes des cercles avec vos genoux dans chaque direction
en rythme avec la respiration. Inversez.
(d’après l’Ecole de Yoga du Bihar)
Derrière des jambes
- Allongez-vous sur le dos avec le coccyx par terre et le sacrum
légèrement surélevé. Pliez légèrement
les genoux et posez les plantes des pieds sur le sol. Levez la
jambe gauche (elle peut être pliée) et pointez la
« boule du pied » (partie bombée de la plante
du pied d´où part le gros orteil) vers le plafond.
Attrapez vos mains (ou entourez un tissu) autour de la boule du
pied et tirez doucement la jambe vers vous. La jambe droite peut
être tendue si votre dos n’est pas trop faible. Inversez.
L’exercice suivant consiste à lever les deux jambes
en même temps.
- Debout près d’une marche ou d’une table basse,
mettez votre pied gauche sur la marche/table. Penchez-vous, le
ventre vers la cuisse en gardant le dos droit. Atteignez-la avec
votre ventre et non vos épaules. Inversez.
- Toutes les autres sortes d’étirements vers l’avant.
Haut du dos, épaules, poitrine
- Attrapez vos mains derrière votre dos en étant
debout ; tendez vos bras ; penchez-vous en avant et faîtes
passer vos bras au dessus de votre tête et vers le sol.
- Assis ou debout, placez les doigts de la main gauche sur l’épaule
gauche et ceux de la main droite à droite. En expirant,
rapprochez vos coudes l’un vers l’autre devant vous
; faîtes des cercles avec vos coudes, en frolant votre visage
avec vos avant-bras au passage. Commencez l’inspiration
au moment où vos coudes vont vers l’arrière
en s’ouvrant comme des ailes. Plusieurs fois dans chaque
direction.
- Assis sur une chaise, tenez le dessous de la chaise avec la
main droite. Penchez la tête vers la gauche, puis tournez
légèrement votre visage vers l’épaule
gauche. Ajustez jusqu’à ce que vous trouviez un bon
étirement pour vous. Pour un plus grand étirement,
levez le bras gauche et enveloppez de votre main l’arrière
et le côté de votre tête, sur ou près
de l’oreille. Inversez.
- Après une méditation assise :
a) Penchez-vous implement en avant et relâchez votre poids
vers vos épaules/poitrine/bras pour soulager le haut du
dos, ou
b) Placez chaque main sur l’épaule opposée,
respirez 10 à 50 fois, ou
c) Placez chaque main sous l’aine opposée avec les
pouces vers l’avant et les doigts pointant vers l’arrière
; respirez 10 à 50 fois.
- D’autres étirements pour ceux qui ont étudié
le yoga : exercices de « wind-relieving », «
downward et upward dog », cobra, chameau, et position à
genoux vajrasana pour l’alignement général.
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~ Pourquoi Vipassana (Vipasyana) ?
Nous
pouvons tous venir à des retraites pour des raisons différentes.
Certains par curiosité ; ou parce que la déprime,
la souffrance ou une perte a éveillé un besoin de
quelque chose de plus profond dans la vie. Peut-être le temps
semble-il voler, et la vie avec lui. Ou peut-être même
que la recherche d’une plus grande compréhension et
d’une plus grande intimité avec comment sont réellement
les choses est née d´un succès ou d´un
bonheur relatif. Peut-être l’émerveillement ou
l’étonnement nous motivent-ils pour en apprendre plus
sur ce que c’est que d’être vivant.
Nous sommes ici pour apprendre la simplicité.
Le premier point est de rassembler notre esprit éparpillé,
de manière à ce qu’au lieu d’une centaine
de directions et de distractions, il n’en reste qu’une
poignée !
Ensuite nous commençons à être capable d’observer
l’expérience de notre corps humain et de notre esprit,
en fait inexplorée.
La pratique continue permet à cette attention consciente
d’être de plus en plus honnête et bienveillante.
Le jugement et la flatterie, spécialement de nous-mêmes,
sont vus pour ce qu’ils sont : des points de vue habituels
de peu d’intérêt et de beaucoup d’inertie.
Au fur et à mesure, lorsque nous commençons à
laisser la méditation s’enraciner en nous, notre attention
consciente, qui était jusqu’alors plutôt mentale
et tournée vers nous-mêmes, puise sa force dans des
niveaux plus profonds de notre être. Nous réalisons
de plus en plus souvent que nous sommes prisonniers de nos réactions
habituelles, et devenons capables de les voir plus clairement, de
les prendre plus légèrement, et d’être
moins gouvernés par elles.
De temps en temps, lorsque nous ne permettons plus à nos
habitudes de nous diriger, nous laissons à une sagesse simple
et surprenante l’opportunité d’être entendue.
Plus nous écoutons et prenons en considération cette
voix fraîche et discrète, plus nous sentons que la
plénitude se rapproche.
Vipasyana
(vipassana en Pali, langage des écrits bouddhistes anciens)
est traduit du Sanscrit de plusieurs façons, comme «
vision pénétrante », « vision claire »,
ou « attention consciente ». pour une perspective différente,
on peut décomposer le mot en ses racines :
Vi signifie « derrière » ou « avant »
Pasya (ou passa en Pali) signifie « voir »
Na signifie « chemin » ou « méthode »
...une méthode pour voir de derrière l’esprit
réactif, voyant depuis plus loin en dedans vers la source
de la vie, permettant peu à peu à cette source prendre
le pas sur notre existence.
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~ Concentration
sur un point
Ramener notre attention encore et toujours
vers un objet relativement stable aiguise notre capacité
à apprendre de la vie. Une fois que nous arrivons à
rassembler notre esprit et nous concentrer sur un objet particulier,
rien que pendant deux minutes, nous sommes beaucoup mieux équipés
pour continuer notre voyage intérieur.
La pratique de la concentration sur un objet visuel consiste à
de le voir tout en étant conscient que nous le voyons. Remarquez
comme « laisser l’acte de voir avoir lieu » demande
peu d’effort. Vous n’avez pas besoin de regarder fixement
sans cligner des yeux.
- Choisissez
un objet que vous aimez : une photographie de quelqu’un que
vous aimez, une belle pierre ou une belle feuille, une bougie, un
bijou...rien de trop gros. Gardez le même objet pour chaque
méditation.
- Placez votre objet à une distance assez grande pour qu’il
n’y ait pas de tension dans votre cou, à au moins deux
ou trois mètres.
- Relaxez-vous délibérément quand vous remarquez
une tension dans le corps ou l’esprit. Clignez des yeux lorsqu’il
y a des effets visuels inhabituels. Ces effets inhabituels, tels
que la vue de couleurs ou la perte de la focalisation, sont dus
au fait de trop fixer le regard.
- Ne luttez pas contre ni n’encouragez les diverses images
(visages, animaux, etc.) qui semblent apparaître dans l’objet.
- Quelquefois il peut être utile de focaliser sur un petit
détail de l’objet, d’autres fois sur sa totalité.
- Les débutants en méditation peuvent remarquer que
leur pouvoir de ramener leur attention au moment présent
disparaît après dix ou vingt minutes. Dans ce cas,
prenez une pause mentale, tout en restant physiquement immobile.
Après quelques minutes, reprenez de nouveau la pratique en
ramenant continuellement votre attention sur le simple fait de voir.
- Si des images de traumatismes passés ou de blessures vous
viennent continuellement à l’esprit, alors s’il-vous-plaît
parlez-en à un enseignant afin de changer votre pratique.
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~Qu’est-ce
que l’attention consciente?
L’attention consciente est
l’observation moment par moment, calmement, de tout ce qui
se passe au sein du corps et de l’esprit. Nous avons tous
la capacité d’être attentif de cette manière.
Cette observation qui ne juge ni n’interfère est une
des clés pour débloquer les modèles de comportements
à l’origine de la souffrance.
La pratique
renforce notre attention, en en faisant un outil capable de se frayer
un chemin à travers les habitudes profondément ancrées
responsables de notre souffrance.
L’attention nous aide à apprendre comment voir les
choses différemment, sans réagir comme d’habitude
à ce qui est agréable ou désagréable.
Cette pratique
aide à purifier l’esprit des forces de l’avidité,
la haine et l’illusion, que le Bouddha avait identifiées
comme les causes de toute notre souffrance.
Avec l’approfondissement de la pratique, le calme et la clarté
conduisent à une vision pénétrante libératrice
des faits de l’existence (vipassana) et à une plus
grande liberté par rapport à la souffrance.
Les techniques
pour développer l’attention dérivent d’un
des discours les plus connus du Bouddha, appelé Les Fondations
de l’Attention (Satipatthana Sutta). Les nombreuses méthodes
de pratiques ont leur racines dans la tradition bouddhiste theravada
de l’Asie du Sud-Est. Au sein de cette ample tradition, divers
styles de pratique se sont développés au cours des
siècles, comme la technique de l´étiquetage
mental rendue populaire dans les années quarante par le Vénérable
Mahasi Sayadaw de Birmanie.
La méditation
de l’attention n’est concernée que par une chose
: libérer le coeur et l’esprit de la souffrance.
La sagesse et la compassion qui proviennent de cette pratique ne
sont pas uniquement bénéfiques pour nous-mêmes,
mais pour tout le monde.
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~Pratiques
spécifiques
La méditation de vision pénétrante
commence en développant le calme de l’esprit par la
pratique de la présence ou de l’attention. Nous concentrons
l’esprit sur des aspects spécifiques de l’expérience
normale, qui sont appelés les objets primaires de l’attention.
Pratiquement n’importe quoi peut être un objet primaire.
Dans la pratique, il a été trouvé que certains
objets sont plus utiles que d’autres.
Assis
En méditation assise, nous commençons par nous concentrer
sur les sensations physiques de la respiration qui entre et sort
du corps.
En marchant
Pendant la marche méditative, nous gardons notre attention
sur le mouvement et les sensations des jambes et des pieds.
En mangeant
Nous pouvons faire du repas une autre méditation, l’objet
primaire étant les sensations du goût. Etant donné
que nous mangeons souvent en faisant autre chose, comme lire ou
parler, les retraites nous donnent l’occasion de manger avec
moins de distraction.
Développer la continuité de l’attention est
important.
La vraie pratique de l’attention consciente n’est pas
limitée à des périodes formelles de méditation
assise et de marche mais peut être étendue à
de plus en plus d’activités dans la journée.
Ralentir physiquement nous aide à rester plus ancrés
dans nos corps, et amoindrit l’effet distrayant des pensées
rapides. Toutes ces pratiques ont pour but de développer
le calme, qui dévoile notre capacité à ressentir
les choses comme elles sont vraiment. Cette expérience directe
conduit à un véritable bonheur, à se libérer
de la souffrance.
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~Effort
et relaxation
La plupart d’entre nous savons
comment faire un effort basé sur une tension.
En retraite, chaque personne peut faire l´expérience
de l´« effort inverse », c’est-à-dire
basé sur la relaxation.
Au début de la pratique de la méditation,
et périodiquement par la suite, un lutte intense contre les
fortes habitudes de l’esprit est inévitable. Mais ne
croyez pas que ce genre d’effort épuisant doit continuer
pour toujours.
Au début, l’attention doit compter sur l’intellect.
L’intellect, ou esprit conscient et pensant, ne peut pas fonctionner
continuellement, c’est pourquoi l’effort est nécessairement
inégal et fragmenté.
Mais le genre d’effort dont nous avons plus souvent besoin
ressemble plutôt à celui qui est requis pour tenir
un pétale de rose dans la paume de votre main : il ne faut
pas beaucoup de force, mais plutôt une continuité dans
la mémoire, comme une rivière.
Cette continuité vient naturellement lorsque nous accédons
au doux pouvoir du coeur.
Si vous voulez laisser le coeur diriger et donner du pouvoir à
votre pratique, alors cela vaut la peine de développer votre
auto-motivation et votre tranquillité.
Auto-motivation
Essayez de vous rappeler une occasion où vous avez fait quelque
chose juste parce que vous le souhaitiez – pas parce que vous
deviez, ni dans le but d’obtenir de l’argent, du prestige
ou d’être accepté. Si vous pouvez vous souvenir
d’un tel moment, vous vous rappellerez combien c’était
agréable.
Lors des retraites ouvertes, quatre après-midi et une journée
entière ne sont pas programmées afin que chacun puisse
trouver son auto-motivation et en ressentir la joie. Vous n’avez
pas besoin de trouver un passe-temps excitant ou digne d’intérêt
avec lequel « remplir » ce « temps mort ».
Essayez de trouver ce que vous aimez le plus faire, et immergez-vous
dedans, plutôt que de laisser ce moment non programmé
se dérouler dans l’ennui ou la grande activité.
La tranquillité
Se reposer est un art. Nous essayons continuellement de nous relaxer,
mais nous ne savons pas vraiment comment faire. Nous avons aussi
très souvent l’impression de devoir faire des choses
« plus importantes » d’abord, afin de pouvoir
profiter ensuite d’un repos « bien mérité
». Mais le moment de se reposer n’arrive jamais.
Le repos est énormément bénéficique
à la méditation formelle et la croissance spirituelle,
en y apportant de la fraîcheur, de l’énergie,
de la bienveillance et même de la bonne humeur. Vous pouvez
commencer à découvrir la tranquillité en pratiquant
l’art de se reposer.
- En vous allongeant au moins une demi-heure chaque jour en ne faisant
absolument rien ; sans faire une liste de choses à faire,
ni lire, ni écouter de la musique.
- Une fois que votre méditation formelle est focalisée
sur vos sensations corporelles ou d’autres aspects de votre
« monde intérieur », vous pouvez vous allonger
pour méditer. Pour éviter de dormir, vous pouvez garder
un bras en l’air ; si vous commencez à vous endormir,
le bras vous réveillera en tombant. Même si vous vous
endormez, ce repos réparateur peut être plus bénéfique
que de vous tenir dans une posture rigide comme si vous travailliez
dans un bureau (en pratiquant l’aversion). De fait, la méditation
qui s’ensuivra a des chances d’être fraîche
et claire.
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~Méditation assise basique
- Asseyez-vous confortablement, avec la tête, le cou et la
poitrine en une ligne relativement droite.
- Soyez relaxé mais alerte.
- Soyez directement attentif aux sensations physiques de votre corps
assis, le contact entre le corps et le coussin ou tabouret de méditation.
- Respirez naturellement. Il n’y a pas besoin de contrôler
la respiration d’aucune manière.
- Cela peut aider de commencer en étant attentif aux sons
qui vont et viennent.
- Remarquez la différence entre la simple expérience
d’entendre, et les pensées ou images qui peuvent être
engendrées par les sons. Remarquez comme vous n’avez
à faire aucun effort pour entendre aussi longtemps que vous
prêtez attention.
- Puis, après quelque temps, laissez les sons rester dans
le fond et ramenez votre attention dans votre corps, à la
respiration.
- Soyez directement conscient des sensations physiques de la respiration,
que ce soit dans les narines, la gorge, la poitrine, ou le ventre.
- Utilisez des étiquetages mentaux légers tels que
« in », « out » ou « montant »,
« descendant », si ça vous aide à rester
en contact avec la respiration. L´étiquetage est pour
vous un rappel de l’expérience directe de la respiration
et non un substitut.
- Voyez la respiration comme votre « chez vous ».
Dès que vous vous rendez compte que votre esprit vagabonde
loin d’elle, retournez simplement « chez vous »,
encore et toujours.
Il y a deux méthodes générales pour garder
l’attention focalisée sur la respiration.
Vous pouvez soit vous installer et vous relaxer, en laissant les
sensations venir à vous comme si vous écoutiez des
sons, soit faire un effort un peu plus actif pour vous connecter
et soutenir votre attention.
L’une ou l’autre de ces méthodes seront appropriées
à différents moments.
Souvenez-vous : le coeur de la pratique de la méditation,
c’est d’être capable de recommencer encore et
toujours, aussi souvent que votre esprit vagabonde.
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~La marche méditative
Conserver notre attention
sur les sensations physiques dans nos jambes et nos pieds pendant
que nous marchons aide à développer la continuité
de l’attention et à apporter intérêt et
ouverture dans notre vie de tous les jours.
- Choisissez un endroit plat d’environ dix mètres de
long pour y faire des allers et retours.
- Pour commencer, soyez attentif à votre corps debout immobile
et dirigez votre attention sur les sensations du toucher de vos
pieds sur le sol. Remarquez la sensation en tant que telle plutôt
que l’image que vous pourriez en avoir.
- En commençant à marcher, gardez les yeux ouverts
et focalisés sur le terrain devant vous plutôt que
sur vos pieds. Ressentez simplement les changements de textures,
les températures, poids, densités, vibrations, etc.
sur vos plantes de pieds, tout en marchant en aller et retour à
un rythme normal ou lent.
- Marchez comme si vous vous déplaciez en une danse gracieuse
et lente, avec aise. Vous ne devez pas être tendus. Laissez-vous
aller plutôt que de vous retenir.
- Ayez la sensation de descendre dans les sensations plutôt
que d’être dans votre tête à les observer
d’au dessus (c’est pour cela qu’il est mieux de
ne pas regarder vos pieds).
- Utilisez des étiquetages mentaux si cela vous aide à
conserver la régularité de votre attention. Par exemple,
annotez : pression, picotement, chaleur, fraîcheur, démangeaison,
etc.
- Il y a plus de stimulation pour les yeux et les oreilles dans
la pratique en marchant qu’en étant assis, mais ne
vous en inquiétez pas. Exactement comme en méditation
assise, aussitôt que vous remarquez que votre esprit vagabonde,
ramenez simplement votre attention vers les sensations.
- Remarquez comme se donner des buts tels que « je serai attentif
à chaque pas pendant les prochaines 45 minutes » peut
être source d’échec. Cette pensée est
déjà une rupture de la simple rencontre avec les sensations,
et en plus c’est un but peu évident à atteindre
!
- Si vous vous perdez continuellement en comparaisons ou en pensées
à propos du passé ou du futur, arrêtez-vous
quelques instants et restez debout, ou bien marchez à une
vitesse différente.
Marcher de plus en plus lentement peut permettre une concentration
sur des sensations de plus en plus subtiles.
Il peut être utile de commencer la pratique de la marche méditative
d’un pas relativement normal, en utilisant un étiquetage
mental tel que « gauche, droite ». Après quelques
minutes, on peut ralentir le pas et être plus précis,
en utilisant un étiquetage en deux parties pour chaque pied
: « levant, posant ».
En ralentissant encore plus, on peut utiliser un étiquetage
en trois parties : « levant, bougeant, posant ».
Cependant, c’est une erreur commune de croire que les meilleurs
en méditation sont ceux qui marchent le plus lentement. Comme
vous pouvez le constater, la vitesse à laquelle vous marchez
n’est pas une indication de votre état mental. Toute
l’habileté de la pratique consiste à garder
votre attention focalisée calmement sur l’objet primaire.
Quelquefois ça peut impliquer de marcher plus lentement et
d’autres fois plus vite. Ça peut vouloir dire soit
laisser les sensations venir à vous au lieu d’aller
les chercher, soit délibérément connecter et
soutenir l’attention.
Chaque approche peut être utile à différents
moments.
Savourez un pas à la fois, comme si vous aviez absolument
tout votre temps.
Marcher et s’asseoir
: des pratiques égales
Beaucoup de gens qui méditent croient souvent par erreur
que c’est lorsqu’on est assis que la vraie méditation
a lieu.
Cependant, le Bouddha nous a enseigné à être
attentif aux sensations corporelles dans chacune des quatre postures
de base : assis, debout, en marchant et couché.
La marche méditative, d’importance égale à
la méditation assise, est bénéfique à
la fois pour l’esprit et le corps. Elle aide le corps à
se relaxer et équilibre l’énergie qui peut être
relachée pendant les sessions assises.
Ne négligez pas la pratique de la marche méditative.
Les bénéfices de la
marche méditative
Elle peut être pratiquée n’importe où,
n’importe quand.
Nous marchons beaucoup dans notre vie quotidienne, mais nous sommes
complètement inattentif à notre corps car nous sommes
occupés à penser à l´endroit où
nous allons.
La marche méditative peut nous aider à relâcher
la prise des pensées habituelles, nous remettre en contact
avec notre corps, et développer la capacité d’être
ancrés dans l’expérience plutôt que perdus
dans nos rêves éveillés.
L´expérience directe est ce qui conduit à la
liberté. La pratique de la marche méditative est un
soutien important pour cette liberté.
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~Marcher dans la nature
A la Mare des Eaux Noires
les eaux agitées se sont apaisées
après une nuit de pluie.
Je plonge mes mains en coupe. Je bois
un long moment. Ca a le goût
de pierres, de feuilles, de feu. Ca coule froid
dans mon corps, réveillant les os. Je les entends
profondément en moi, chuchoter
oh qu’est-ce que cette chose merveilleuse
qui vient d’arriver ?
Mary Oliver
Le Bouddha a enseigné que le simple fait
d’être dans la nature – de même que la méditation,
la discussion, l’étude et d’autres méthodes
bien connues – était d’un grand soutien sur le
Chemin de l’Eveil. Les marches silencieuses dans les environs
nous permettent de ramener l’esprit au calme naturel, à
l’intérêt et à la conscience qui nous
ont amené en retraite. L’évidence de l’interconnexion
étant discrètement présente autour de nous,
nous pouvons commencer à ressentir notre propre participation
au réseau de la vie.
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~Loving kindness : méditation de l’amour
bienveillant
Metta (maitri en Sanscrit)
peut être traduit du Pali comme « gentil », «
ami » ou « amour bienveillant ».
Cultiver l’amour bienveillant est une contrepartie cruciale
aux autres pratiques spirituelles comme la concentration, l’attention,
l’équanimité, et la vision pénétrante.
La pratique de la metta était traditionnellement prescrite
pour soulager la peur de ceux qui marchaient dans des jungles sans
loi et dormaient dans des caves hébergeant aussi quelquefois
des tigres, des serpents ou des bandits. La metta est un antidote
pour différentes formes de négativité, incluant
la peur, la haine de soi, la colère, l’insécurité,
la rigidité, ou la résistance au changement.
La pratique formelle
La pratique formelle de la metta est basée sur le pouvoir
de l’intention, la capacité de l’esprit à
choisir consciemment sa direction. Les pratiques de metta mentionnées
ci-dessous utilisent l’imagination et la répétition
silencieuse de mots bienveillants. Il n’est pas important
de ressentir quoi que ce soit de particulier, mais plutôt
de se connecter encore et toujours au sens des mots. Une fois que
les méthodes suivantes vous sont familières, vous
pouvez expérimenter avec d´auters moyens que les mots,
comme la visualisation ou la simple sensation d’amour.
- Commencez par choisir une position confortable. Si normalement
vous vous asseyez par terre, essayez sur une chaise, appuyé
sur le mur ou couché.
- Avec les premières respirations, percevez la sensation
de vos corps, coeur et esprit tels qu’ils sont en ce moment
précis. Certaines personnes trouvent utile de diriger leur
attention dans leur poitrine et de respirer « à travers
» la région du coeur.
Pardon
Quelquefois il est utile de faire de l’espace pour la metta
en accordant son pardon. Refléchissez-y silencieusement puis
répétez ces mots ou d’autres similaires :
- Si j’ai fait du mal à des êtres vivants, intentionnellement
ou non, je demande pardon.
- Si des êtres vivants m’ont fait du mal, intentionnellement
ou non, j’offre mon pardon. (certaines personnes trouvent
plus facile de dire « j’offre la paix. »)
- Si je me suis fait du mal, intentionnellement ou non, je me pardonne.
S’aimer soi-même
Toutes les manières traditionnelles de cultiver la metta
commencent en devenant ami avec soi-même.
Pour commencer la pratique de la metta, creusez pour trouver les
voeux les plus profonds que vous ayez pour votre vie. Les premières
fois que vous ferez ça, prenez tout votre temps pour trouver
les mots appropriés dans votre langue pour exprimer deux
ou trois de ces voeux profonds.
Quelques unes des phrases traditionnelles sont : « Que je
sois sauf. Que je sois à l’aise. Que je sois heureux.
» Vous pouvez aussi utiliser des mots seuls tels que «
paix », « amour » ou « libération
».
En vous connectant au sens des mots, répétez-les
doucement, peut-être en rythme avec votre respiration, pendant
au moins 5-10 minutes. Sentez-vous comme si vous aviez tout le temps
devant vous. Une fois que vous avez trouvé les bons mots,
gardez les mêmes au cours de toute la méditation.
De temps en temps il peut être utile de focaliser l’amour
bienveillant sur soi-même pendant la méditation toute
entière.
Pour certaines personnes, il est plus facile d’offrir l’acceptation
de soi plutôt que de l’amour : « Que je m’accepte
complètement. Que j’accepte que je suis bien tel que
je suis. » Si s’offrir de l’acceptation à
soi-même est trop exigeant, visualisez quelqu’un qui
vous a aidé, mais par rapport à qui vous ne sentez
pas trop d’attachement ni de complication.
Puis visualisez cette personne vous envoyant de l’amour bienveillant.
Trois façons d’étendre le rayonnement
Après avoir focalisé la metta sur vous-même,
vous pouvez continuer d’une des trois façons suivantes
:
Cercles croissants
- Sentez la vie dans le cercle vous contenant et autour de vous.
Dirigez les voeux que vous aviez pour vous-même vers les êtres
vivants s’y trouvant. Moustiques, pigeons, arbres, êtres
humains, fourmis, et vous-même. Visualisez et/ou ressentez
la totalité de l’espace, ou bien des individus un par
un dans cet espace.
- Pendant plusieurs minutes, ou plus, offrez de l’amour bienveillant
à tous les êtres dans le hall, la pièce, le
jardin, ou le paysage. Par exemple « de la même manière
que je souhaite être libéré, que tous les êtres
de ce hall sois libérés ». « Que tous
les êtres de ce hall soient heureux », ou « que
nous soyons tous libérés ».
- Après plusieurs minutes, étendez encore votre sensation
du moment afin d’inclure un endroit plus large, offrez de
l’amour bienveillant à l’ashram, le voisinage
ou l’écosystème alentour.
- Puis étendez votre champ d’attention consciente périodiquement
pour y inclure la ville, l’état ou la province, le
pays, la planète et l’univers. Si vous préférez,
au lieu de faire référence aux limites politiques
telles qu’états et pays, utilisez les « limites
» naturelles : la forêt, le système des rivières,
la chaîne de montagnes, les plaines, puis le continent ou
l’île sur lequel/laquelle vous vous trouvez.
Dans chaque direction
Une deuxième façon de pratiquer la metta est souvent
mentionnée dans les textes anciens. Une fois que vous avez
passé un certain temps à diriger de l’amour
bienveillant vers vous-même, vous pouvez l’envoyer à
tous les êtres dans chacune des directions une par une : nord,
sud, est, ouest, au-dessus et au-dessous.
Visualisez et/ou ressentez tous les êtres au nord recevant
votre amitié lorsque vous répétez « que
tous les êtres au nord soient libérés ».
Finalement, permettez à l’intention aimante de se diffuser
dans toutes les directions.
Individus
Une troisième manière de pratiquer la metta est de
focaliser sur des individus spécifiques, en commençant
comme d’habitude par vous-même.
La deuxième personne à qui envoyer de la metta (après
vous-même) est appelée le « bienfaiteur »,
quelqu’un qui vous a aidé, et que vous aimez et respectez
– préférablement quelqu’un qui soit en
vie actuellement, et avec qui vous n’avez pas de relation
d’ordre sexuel. Cela peut-être un enseignant, un ami,
ou même quelqu’un que vous ne connaissez pas vraiment
comme le Dalai Lama.
La troisième personne à recevoir vos voeux de bien-être
est quelqu’un à propos de qui vous avez une opinion
neutre. Il peut être difficile de penser à une telle
personne, car d’habitude nous nous précipitons pour
tirer des conclusions sur les autres aussitôt que nous les
rencontrons. Pensez à un conducteur de bus, à quelqu’un
que vous avez vu marcher dans la rue, à un employé
de banque.
La quatrième personne est quelqu’un avec qui vous ressentez
une certaine tension. S’il est trop difficile d’envoyer
vos voeux de bien-être à cette quatrième personne,
revenez à une des étapes précédentes
pendant un moment. Souvenez-vous que souhaiter du bien-être
à quelqu’un n’implique pas de fermer pas les
yeux sur son comportement.
Visualisez et/ou ressentez chaque personne, tout en vous connectant
au sens des mots que vous avez choisis.
Créativité
Une fois que vous vous êtes familiarisés avec les pratiques
de metta suggérées, vous pouvez être créatif
et trouver vos propres manières. Vous trouverez probablement
qu’il est plus efficace de commencer avec ce qui est facile
et d’évoluer ensuite vers ce qui est plus difficile.
Par exemple, si le fait vous envoyer de l’amour à vous-même
est trop insupportable, vous pouvez sortir des habitudes et commencer
avec un bienfaiteur ou un ami. Si en envoyant de l’amour à
un grand groupe vous vous trouvez distrait, revenez à un
groupe plus restreint pendant un moment.
Quoi qu’il en soit, la metta a un pouvoir guérisseur
qui peut aller au delà de ce à quoi vous vous attendez.
A chaque fois que vous pratiquez, allez jusqu’à la
limite de ce qui est confortable pour vous et voyez ce qui arrive.
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~Méditation en mangeant
Comme s’asseoir ou
marcher, manger est une activité basique qu’on considère
souvent acquise.
Nous mangeons souvent en faisant autre chose, par exemple parler
ou lire. Nous pouvons apprendre beaucoup sur notre esprit en mangeant
sans distraction, et en en faisant une pratique de méditation
au même titre que lorsqu’on est assis ou qu’on
marche.
- Après vous être assis avec votre repas, commencez
la méditation en remarquant l’odeur de la nourriture
et les sensations agréables qui y sont associées.
- Remarquez votre intention de bouger la main pour prendre la nourriture.
Bougez plus lentement que d’habitude. Fermer les yeux en commençant
à mâcher peut aider.
- Mâchez plus lentement que d’habitude. Remarquez l’explosion
de goût qui survient à la première bouchée.
Continuez à mâcher doucement. Qu’arrive-t-il
à la sensation de goût lorsque vous continuez à
mâcher ?
- Soyez attentif à l’intention d’avaler la nourriture.
Remarquez également s’il y a une intention de prendre
plus de nourriture bien qu’il y en ait encore dans votre bouche.
- Utilisez la technique des étiquetages mentaux pour rester
conscient du goût et de ce qui lui arrive tandis que vous
continuez à mâcher.
- Vous pouvez qualifier les sensations comme : salé, sucré,
acide, chaud, etc.
- Remarquez également s’il y a une différence
dans l’intensité du goût selon que vous inspiriez
ou expiriez.
- Finalement, faîtes attention aux signaux de votre estomac
et de votre langue lorsque vous approchez le point auquel vous être
rassasié. Remarquez comme ces signaux peuvent être
en désaccord.
Méditer en mangeant peut révéler beaucoup sur
notre relation avec les expériences agréables.
La libération est de ressentir ce qui est agréable
sans pour autant être esclave de la force de l’avidité,
une des causes à l’origine de toute souffrance.
La méditation en mangeant nous aide à réaliser
cette liberté.
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~Étiquetage mental
Cette méthode a
recours aux concepts comme moyens habiles pour développer
la concentration ; en nous permettant de nommer ce qui arrive, elle
nous aide à encadrer notre expérience.
Avantages de cette technique
- Elle nous rappelle l’objet primaire de l’attention.
- Elle aide à nous empêcher de rêver tout éveillé
au passé ou au futur.
- Elle révèle l’émotion sous-jacente
en relation avec notre expérience.
- Elle révèle le sentiment du « je » comme
quelque chose de rajouté à l’expérience-même.
Instructions spécifiques
- Gardez l´étiquetage mental léger et transparent.
Faîtes attention à ne pas rendre la remarque si forte
qu’elle prenne le pas sur l’expérience-même.
- Souvenez-vous que c’est simplement un rappel qui n’est
pas destiné à se substituer à l’expérience.
- Pensez à dédier 95% de votre attention à
votre expérience, et 5% à la nommer.
- Parmi les pensées, il est utile de distinguer celles qui
sont relatives au passé et au futur en les annotant respectivement
comme « souvenir » et « planification ».
Ces étiquetages sont très utiles pour nous empêcher
de nous perdre dans le contenu de notre expérience, et pour
parvenir à une plus grande compréhension de celle-ci
en tant que processus.
- Dans la pratique formelle, les étiquetages les plus courants
sont « dedans », « dehors » ou « monte
», « descend » pour la méditation assise,
selon l’endroit ou vous ressentez le plus distinctement la
respiration ; et « gauche », « droite »
ou « lève », « bouge », « pose
» pour la marche méditative, selon la vitesse de votre
marche.
- De temps en temps, pratiquez l´étiquetage mental
pour vous souvenir, pendant les périodes de pratique informelle
comme les repas par exemple.
- Faîtes l´étiquetage au bon moment, ni trop
tôt ni trop tard.
- Etendez les étiquetages aux activités routinières
qui, étant habituelles, ne bénéficient que
rarement de votre attention consciente : par exemple en marchant
vers les toilettes, en enfilant ou en lessivant vos vêtements,
en vous lavant ou vous brossant les dents. Etendez les étiquetages
en y incluant les intentions et les mouvements résultants
avant le changement radical de position du corps.
- Les étiquetages mentaux tels que « intention »,
« atteindre », « toucher » ; « intention
», « debout » ; « intention » peuvent
nous aider à ancrer notre attention dans nos corps et à
étendre la sensation d’éveil au delà
des limites de la méditation formelle assise ou en marchant.
- L´étiquetage mental « voir » peut particulièrement
aider à contrecarrer la tendance de notre attention à
se précipiter par les yeux pour aller se perdre dans le monde
extérieur.
- De la même manière, l´étiquetage mental
« entendre » nous évite de nous perdre dans nos
réactions habituelles aux sons.
L´étiquetage mental révèle
ce qu’est notre expérience, quelle relation nous établissons
avec elle, et ce qui lui arrive lorsque nous en prenons conscience.
Il nous aide à remarquer les caractéristiques de base
– instabilité, manque de fiabilité et absence
d’existence indépendante – partagées par
toutes choses.
Les choses changent-elles lorsque nous y prêtons une attention
vigilante ? Comment changent-elles ? Quelle est notre relation avec
ces expériences instables ?
Ces questions nous conduisent à une modification fondamentale
de notre compréhension de la liberté. Souvenez-vous
que l´étiquetage mental n’est qu’un outil.
Sachez quand l’utiliser et quand vous en passer.
L´étiquetage n’est pas nécessaire lorsque
l’attention consciente est forte et continue, ou lorsque les
objets primaires sont trop nombreux ou évoluent trop rapidement
pour les remarquer précisément.
Dans ce cas, un étiquetage général (comme «
pensée », au lieu d’essayer de remarquer les
genres spécifiques des pensées) peut être utile.
Il est toujours possible, si l’attention consciente est assez
soutenue, d’être complètement conscient d’une
expérience même si vous n’êtes pas à
même de la commenter.
Quand les étiquetages sont utilisés de manière
adéquate, ils conduisent à la réalisation du
non-soi (anata), le bijou de la couronne de l’enseignement
du Bouddha, lorsqu’on en arrive à comprendre qu’il
y a des expériences mais personne à qui les rattacher.
Comme le dit le Bouddha dans la Sutta Bahiya, « c’est
juste ça, la fin de la souffrance ».
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~Sensations corporelles
Vous allez quelquefois prendre conscience dans votre
corps d’autres sensations que celles de la respiration. Vous
pouvez délibérément et systématiquement
« balayer » votre corps de la tête aux pieds avec
votre conscience.
Votre attention passera aussi de votre respiration à d’autres
sensations sans que vous le vouliez. Remarquez la différence
entre les réactions mentales et les sensations corporelles,
qu’elles soient agréables ou non. Quand les sensations
sont agréables, vous fantasmez peut-être longuement
en pensant que vous êtes sur le point d’avoir une «
grande expérience ». Quand les sensations sont désagréables,
vous vous convainquez peut-être que vous ne serez jamais capable
de méditer, et même que vous avez besoin d’aller
à l’hôpital.
Douleur
Votre attention sera naturellement attirée par des sensations
inconfortables dans votre corps – une démangeaison,
une mouche qui atterrit sur votre main, et surtout une douleur.
Il est important d’apprendre à rester stable lors de
ces sensations inconfortables. Rester assis immobile contribue énormément
à la paix de l’esprit.
Il est également important de ne pas cultiver une tendance
à la tension en vous forçant à rester assis
lors de douleurs insoutenables.
Soyez patient et gentil avec vous-même. Vous apprendrez à
quel moment rester assis immobile et quand bouger.
- Dirigez votre intérêt vers les sensations
corporelles. Que remarquez-vous à propos de ces sensations
lorsque vous y prêtez attention ?
- Voyez si vous pouvez faire la différence entre une douleur
dans votre corps et la réaction qui s’ensuit dans votre
esprit : l’impact qualitatif désagréable, les
pensées, etc. Remarquez si la réaction mentale entraîne
une contraction dans le corps.
- Dénommer la sensation avec la technique de l´étiquetage
mental peut aider. Des mots comme « brûlure »,
« picotement», « coupure », « torsion
» décrivent la sensation plus clairement que le mot
générique « douleur ».
- Si la douleur devient plus intense, essayez de vous relaxer plus
lors de l’expiration et d’inspirer vers l’endroit
de la douleur. Balayer votre corps de votre attention peut aussi
vous aider.
- Sentez-vous libre de changer de position si la douleur devient
insupportable.
- Quelquefois, vous allez peut-être ressentir la douleur non
comme quelque chose de solide mais plutôt comme des sensations
instables, fluides.
- Aussitôt que la sensation cesse de retenir votre attention,
revenez sur les sensations de la respiration.
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~Impact
qualitatif (vedana)
L’impact qualitatif (vedana
en Pali) est l´impression agréable ou désagréable
ressentie à chaque fois que l’on voit, entend, touche,
sent, goûte ou pense.
L’impact qualitatif peut aussi n’être ni agréable
ni désagréable mais quelque part entre les deux («
neutre »).
Notre pratique consiste à être conscient des impacts
qualitatifs agréables sans pour autant essayer désespérément
de les faire durer lorsqu’ils s’en vont. Notre pratique
consiste également à être conscient des impacts
qualitatifs désagréables sans lutter pour les faire
disparaître lorsqu’ils arrivent. Nous pouvons aussi
apprendre à être conscient des impacts qualitatifs
neutres sans nous ennuyer ou nous agiter.
En laissant les impacts qualitatifs aller et venir d’eux-mêmes
et en restant simplement conscient sans se laisser entraîner
par eux, nous affaiblissons les forces de l’avidité,
la haine et l’illusion, qui sont responsables de toute souffrance.
Notre pratique nous conduit alors directement au bonheur et à
la paix durables.
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~Etat d’esprit (émotion)
De même que des lunettes
aux verres colorés peuvent affecter notre vision, les états
d’esprit, ou les émotions, peuvent affecter notre expérience.
Le monde paraît très différent quand nous sommes
en colère de quand nous sommes à l’aise.
Les états d’esprit peuvent être sains, comme
la générosité et la gentillesse, ou malsains,
comme la peur et la cruauté. Tous les états d’esprit
malsains trouvent leurs racines dans l’avidité, la
haine et l’illusion, qui sont à l’origine de
toute souffrance.
Les états d’esprit sont comme des nuages qui passent
dans le « ciel » de notre esprit. Il y en a d’obscurs
et orageux tandis que d’autres sont légers et cotonneux.
Ce sont tous des visiteurs de notre conscience. Nous ne les invitons
pas, ils vont et viennent d’eux-mêmes.
Que les états d’esprit soient agréables ou non,
notre pratique est la même : être conscients qu’ils
sont des expériences instables, qui passent, ne sont pas
solides et qu’on ne peut saisir.
Toute notre tâche en méditation est de ne pas nous
« identifier » à nos états d’esprit
ou à quoi que ce soit d’autre qui soit instable. Cela
signifie ne pas déclarer les états d’esprit
comme étant « moi » ou « mien »,
ne pas les « posséder ».
Remarquez aussi de quelle façon les sensations corporelles,
les impacts qualitatifs et les états d’esprit affectent
votre expérience.
En pratiquant de cette manière, on continue d’affaiblir
les forces de l’avidité, la haine et l’illusion,
et on ressent la paix et le rayonnement naturel de l’esprit,
qui ne sont pas affectés par tout ce qui va et vient.
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~Les
5 obstacles au calme et à la vision pénétrante
Les cinq obstacles sont
des états d’esprit qui arrivent souvent juste avant
une découverte. Cela vaut vraiment la peine d’apprendre
à les reconnaître et de les travailler adroitement.
Désir de sensations
- Reconnaissez-le comme « vouloir » ou « attendre
» dans votre esprit. C’est un sentiment que «
quelque chose manque ».
- Remarquez ce qui génère le sentiment que ce que
nous ressentons n’est pas assez, que quelque chose d’autre
devrait arriver.
- Soyez conscient de la sensation de contraction dans le corps et
l’esprit quand vous êtes aux prises avec cette force.
Remarquez la sensation de « vous dépêcher »
pour faire la chose suivante.
- Remarquez aussi la sensation de soulagement lorsqu’il n’y
a pas de désir.
Aversion
Des exemples d’aversion sont : la colère, la peur,
le jugement, l’irritation ou l’ennui.
- Comprenez que toutes les différentes sortes d’aversion
sont simplement des réponses à une sensation désagréable.
- Ne vous jugez pas parce que vous éprouvez de l’aversion
; ça ne ferait qu’ajouter de l’aversion à
celle qui est déjà là.
- Investiguez sur votre aversion. Ouvrez-vous à elle. Accueillez-là
avec loving kindness (amour bienveillant), qui est son opposé.
- Voyez ce qui est dessous. Souvent, un sentiment de blessure ou
d’indignation bien fondée est à l’origine
de la colère. Quand ce sentiment sous-jacent est reconnu,
la colère disparaît souvent d’elle-même.
Paresse et torpeur (somnolence, ennui, léthargie)
Il y a trois sortes basiques de fatigue
Premièrement, dans notre culture moderne, la plupart d’entre
nous avons été habitués à beaucoup de
stimulations extérieures, donc quand nous nous asseyons pour
méditer notre corps et notre esprit comprennent qu’il
doit être l’heure de dormir. Cela prend quelque temps
avant de sortir de cette habitude.
Deuxièmement, beaucoup d’entre nous travaillons si
dur que nous avons accumulé beaucoup de fatigue. Il vaut
alors mieux se reposer et ensuite venir à la méditation
formelle avec plus de légèreté.
Troisièmement, le genre de sommeil qui survient afin d’éviter
la clarté et la pénétration est difficile à
surmonter, mais cela en vaut la peine. Nous avons besoin de réveiller
notre énergie. Ouvrez vos yeux. Mettez-vous debout. Prenez
de plus grandes inspirations. Pratiquez plus la méditation
en marchant. Investiguez ! Comment est ressentie la sensation de
somnolence ? Peut-on apprendre à rester présent en
l’ayant simplement comme sensation corporelle ? Prêtez
une attention proche et vigilante et utilisez un étiquetage
mental précis. Ne laissez pas la sensation de somnolence
vous empêcher de rester éveillé et alerte.
Accueillez-la avec énergie et voyez ce qui lui arrive, si
elle persiste.
Nervosité (remors, agitation, inquiétude)
C’est l’opposé de la sensation de somnolence.
C’est trop d’énergie. Nous avons l’impression
de ne pas pouvoir la contenir, comme si nous étions sur le
point de « sauter en dehors de notre peau ». Peut-on
trouver un moyen de contenir cette énergie ?
- Prenez la résolution de rester assis aussi immobile que
possible pendant un court instant et voyez ce qui arrive à
la nervosité. Est-ce qu’elle augmente ou diminue ?
Peut-on apprendre à la « chevaucher » comme si
c’était un tourbillon qui nous passait à travers
?
- Gardez votre attention connectée à la respiration
aussi longtemps que vous le pouvez, pour des périodes courtes
à chaque fois.
- Si ces techniques ne semblent pas fonctionner, vous pouvez essayer
de faire le contraire : étendez votre attention vers l’extérieur.
- Ecoutez les sons. Marchez dehors. Voyez si vous pouvez rendre
votre esprit aussi grand que le ciel et laisser votre agitation
s’y mouvoir.
Doute
C’est souvent l’obstacle le plus difficile.
Nous devons le reconnaître dès son apparition ou il
peut stopper notre pratique. Nous pouvons douter des enseignements,
des enseignants ou de nous-mêmes.
- Remarquez comme le doute vous fait prendre du recul et ne pas
vous impliquer. Voyez-le comme une autre pensée dans votre
esprit.
- L’ « antidote » au doute est l’attention
soutenue sur une expérience simple et directe, comme la respiration,
le corps, ou l’écoute d’un son. Dans cette expérience,
le doute est éliminé.
Résumé
Pour tous les obstacles, la Reconnaissance est le premier pas.
Viennent ensuite l’Acceptation, l’Intérêt,
et la Non-identification (« RAIN »).
Les obstacles ne sont pas notre vraie nature. Ils vont et viennent.
Pouvons-nous rester stables lorsqu’ils surviennent ?
Ils vont alors être transformés d’obstacles en
portails vers la libération, et nous serons peut-être
à même de comprendre la vérité suivante
:
« Il n’y a pas d’obstacle à
la libération. Cette pensée-même est l’obstacle
».
Ramana Maharshi
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~Les pensées
Les pensées n’ont
ni couleur ni forme. On ne peut ni les voir ni les toucher. Mais
ce sont de forces puissantes, capables de nous faire parler ou agir
de manière à nous sentir bien ou à le regretter.
Qu’arrive-t-il aux pensées lorsque nous leur apportons
notre attention ?
Souvent elles disparaissent simplement. Elles ne sont pas solides.
Elles sont brèves, flottantes, sans forme et insaisissable.
Elles vont et viennent comme le vent.
- Notre pratique est d’être attentif aux pensées
sans nous perdre dans leur contenu. A la place, nous remarquons
simplement que la pensée a lieu dans notre esprit.
- Nous nous perdons souvent dans nos pensées à propos
du passé ou du futur. Etiqueter ces pensées comme
« souvenir » ou « planification » peut aider
à nous ramener au moment présent.
- Remarquez comme les pensées sont connectées aux
sentiments, sensations corporelles, et émotions.
- Peu à peu, vous apprendrez à laisser passer les
pensées qui entraînent la souffrance et à cultiver
celle qui mènent au bonheur à la place.
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~L’intention
Les intentions sont un signal ou
un besoin de l’esprit de penser, parler, ou agir. Si on les
laisse passer inaperçues, elles vont agir totalement par
habitude, comme des machines.
Etre libre ne signifie pas agir d’après chaque impulsion
qui nous vient à l’esprit. Ce serait plutôt être
esclave...esclave de nos tendances habituelles. En apportant de
l’attention à nos intentions, nous pouvons faire des
choix sages concernant celles qui doivent mener à une action
et celles que nous devons laisser passer.
Comme les autres expériences, les intentions sont instables.
Tôt ou tard, elles s’en iront d’elles-mêmes
si nous n’agissont pas sur leur suggestion.
- Commencez à les remarquer avant de bouger votre corps.
- Si vous hésitez avant de bouger, vous allez peut-être
pouvoir repérer l’intention de vous lever après
une méditation, de gratter une démangeaison, ou de
vous retourner quand vous arrivez au bout de votre trajet de marche
méditative.
- Regardez ce qui arrive à l’intention si vous y apportez
votre attention.
- Remarquez le besoin de vous distraire en bougeant ou en regardant
autour pendant une méditation assise ou en marchant. Voyez
si vous pouvez dire non à de tels besoins.
Le renoncement à certaines intentions est en fait un soulagement
joyeux de quelque chose dont nous n’avons pas besoin. Laisser
les intentions aller et venir d’elles-mêmes peut être
une puissante expression de liberté.
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~La
conscience
Conscience signifie «
connaître ». C’est un aspect essentiel de toute
expérience. Ce qu’on veut réellement dire par
expérience est le fait de « connaître »
quelque chose. Lorsque nous tournons notre attention vers la conscience,
nous ne trouvons rien. Elle n’est pas localisable, n’a
ni forme, ni goût, ni couleur et pourtant elle révèle
tout.
Si nous voulons la ressentir directement, nous devons nous détourner
des objets et prêter attention au simple fait qu’ils
sont connus.
Lorsque l’esprit n’est pas distrait, la conscience apparaît
claire et dégagée. Rien ne vient entre elle et l’objet
connu. L’esprit non distrait connaît les choses directement
et immédiatement. Les pensées à propos des
objets viennent toujours après la connaissance directe de
ceux-ci.
Nous croyons souvent que la conscience est qui nous
sommes vraiment.
Nous croyons que nous sommes réellement l’observateur,
ou le témoin qui semble être derrière tout.
Nous disons « je vois » ou « je pense ».
Mais qui est-ce qui voit ou pense ? Y a-t-il vraiment un «
je » derrière tout, ou n’est-ce qu’une
croyance bien ancrée ?
L’enseignement du Bouddha est de ne pas s’attacher
à quoi que ce soit d’instable, quel qu’en soit
le raffinement ou la subtilité. Ceci inclut la conscience,
dont le Bouddha dit également qu’elle apparaît
et disparaît en connexion avec les objets. La croyance que
la conscience est notre vraie nature est une forme subtile d’attachement
de l’esprit.
Si nous ne nous attachons ni aux objets ni à
leur connaissance, alors à quoi ?
Qu’est-ce qui reste révélé quand il n’y
a plus d’attachement à rien du tout ? C’est l’expérience
de paix, de liberté par rapport à la souffrance, dont
le Bouddha parlait lorsqu’il a dénommé son enseignement
le « soulagement certain du coeur ».
Et c’est toujours disponible pour chacun de nous, à
n’importe quel moment. C’est pourquoi chaque moment
mérite notre attention.
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~L’attention
sans objet
Jusqu’à maintenant,
nous avons fait un effort délibéré de retourner
encore et toujours à la respiration au cours de notre pratique
de méditation assise. Cet effort difficile est nécessaire
pour surmonter notre forte habitude d’être facilement
distrait et perdu dans nos pensées.
Cependant, si nous avons été capable de rester calme
et focalisé sur la respiration, nous pouvons voir ce qui
se passe si nous laissons tomber tout effort de diriger notre attention
où que ce soit.
- Au lieu de décider de retourner à la respiration,
nous pouvons laisser notre attention ne pas faire de choix. Nous
pouvons laisser ce qui est prédominant dans notre expérience
aller et venir pendant que nous restons simplement conscient et
attentif à ce qui se passe.
- Notre attention peut aussi bien rester sur la respiration. Ou
bien elle peut aller d’une chose à l’autre tour
à tour : la respiration en premier, puis un son, une autre
sensation, une pensée, retour à la respiration, etc.
- Aussi longtemps que nous ne seront pas distraits, nous serons
vivement conscients de chacune de ces expériences instables.
Nous aurons alors peut-être la sensation qu’elles arrivent
toutes par elles-mêmes. C’est une révélation
puissante qui peut nous libérer de l’habitude d’essayer
de contrôler les choses. Cela peut nous aider à nous
débarrasser de la peur et de l’insécurité
qui nous font nous sentir séparé de la vie, et nous
permettre de ressentir à la place une connexion profonde
avec toutes les choses. Nous pouvons envisager la vie comme une
sorte d’enchaînement magique d’expériences.
Si vous trouvez que vous devenez distrait ou « perdu dans
l’espace » pendant cet exercice, recommencez simplement
à être focalisé et alerte en revenant à
la respiration ou aux sensations corporelles.
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~Le non-soi
(anata)
En méditation on apprend
à distinguer entre l’expérience directe et les
concepts.
Les concepts concernent toujours l’expérience. Les
mots sont des concepts, et nous les utilisons pour indiquer ou évoquer
une expérience directe. Nous devons faire attention à
ne pas prendre les mots ou les concepts pour l’expérience.
Nous utilisons les mots « je », «
moi », « mien », et « soi » très
souvent. Posons-nous la question suivante :
Quelle est l’expérience directe évoquée
par ces mots ?
En méditation, nous avons examiné
tout ce qui compose notre corps et notre esprit : sensation, impact
qualitatif, pensée, émotion, intention, et la conscience
qui « connaît » chacune d’elles. Y a-t-il
quelque chose d’autre que nous puissions trouver « derrière
» ou « dans » ces différents éléments
et qui en soit séparé ?
Si nous démantelions complètement
une montre, il deviendrait insensé de continuer à
l’appeler une montre.
Le mot « montre » est simplement un label pratique pour
appeler un ensemble de parties qui sont regroupées et fonctionnent
d’une certaine manière. Ce n’est pas qu’un
certain objet « montre » existait en tant que tel, et
avait d’une certaine façon disparu lors de «
son » démantèlement. « Montre »
n’a jamais vraiment existé depuis le début,
contrairement aux parties. Ce n’était qu’une
désignation que nous utilisions pour notre convenance.
C’est exactement la même chose pour
l’usage des mots « je », « moi »,
« mien», et « soi ». Ces mots se réfèrent
à la sensation que nous avons que d’une certaine manière
notre expérience « appartient » à quelqu’un.
Cette sensation de soi est connectée à une croyance
profondément ancrée que forcément il y a continuellement
quelqu’un « derrière » tout, à qui
tout arrive, à qui tout se réfère.
Notre propre expérience défie cette croyance et la
révèle comme n’étant que ça :
une croyance.
Le sentiment de soi n’existe nulle part au
sein ou séparément du jeu instable des vues, sons,
sensations et pensées qui constituent notre expérience.
Par exemple, si nous posons la question « Qui est en train
de penser cette pensée ? », nous ne trouvons personne
en train de penser qui soit séparé de la pensée
elle-même. La pensée se pense toute seule, pour ainsi
dire. Notre expérience révèle qu’il n’y
a pas d’ « essence », parmi les éléments
du corps et de l’esprit, qui corresponde au mot « soi
», de la même façon qu’il n’y a pas
d’essence de montre cachée parmi les pièces
que nous appelons « montre ».
Les gens concluent souvent pas très sincèrement
qu’il n’y a pas de soi, point. Mais il est indéniable
que le sentiment ressenti d’un soi fait parfois partie de
notre expérience. Le sentiment de soi, qui semble assez réel,
apparaît et disparaît à cause des conditions,
comme tout le reste dans ce monde en changement.
L’expérience nous montre que le sentiment
de soi est généralement plus fort lorsqu’il
y a identification avec une expérience de force correspondante
dans le corps ou l’esprit. Ainsi nous disons naturellement
« je suis en colère » plutôt que «
il y a de la colère qui monte ».
A d’autres moments, quand nous sommes complètement
engagés dans une activité et que la sensation de séparation
du reste du monde diminue, le sentiment de soi n’est pas aussi
fort. Et lorsque nous sommes en phase de sommeil profond, le sentiment
de soi disparaît complètement.
Ainsi les moments de « non-soi », comme les moments
de liberté, ne sont pas aussi inhabituels que nous le croyons.
Nous les laissons souvent passer inaperçus.
Si nous prêtons attention à notre expérience
directe avec un esprit calme, nous devenons plus familiers avec
les moments de non-soi, donc nous cessons d’être dérangés
ou enchantés par eux.
En nous habituant à ce fait de l’existence, qui a été
appelé le « bijou de la couronne » de l’enseignement
du Bouddha, nous gagnons énormément en aise et en
liberté.
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~Silence
Pour découvrir ce qui se
passe vraiment dans notre expérience, nous avons besoin de
la possibilité d’être vraiment tranquille.
Les retraites donnent l’occasion d’apprendre à
connaître le silence intérieur et extérieur
qui nous conduit en nous-mêmes. Le silence est probablement
l’élément le plus important de l’environnement
d’une retraite.
Vous pouvez éduquer le noble silence des manières
suivantes :
A tout moment, en
gardant un silence strict dans et autour du hall de méditation
:
- en réduisant les bruits personnels comme la toux, les bijoux
qui tintent, les bips des alarmes, les coussins qui s’entrechoquent
autour de vous quand vous vous installez, ainsi que les vêtements
qui bruissent, les bouteilles d’eau ou autres effets personnels.
- éliminer le contact physique avec les autres dans le hall
respecte le silence du groupe.
Pendant les matinées et les
jours de retraite complète en gardant le silence partout
:
- en ne parlant que lorsque c’est nécessaire, avec
les enseignants pendant les entretiens et les managers pour les
cas pratiques.
- en expérimentant, si on le désire, de réduire
le contact visuel avec les autres, en dehors des entretiens avec
les enseignants.
Ce noble silence ne nous isole pas forcément.
Avec le temps, la plupart des gens remarquent que le silence permet
une appréciation plus profonde des choses simples de la vie,
ainsi qu’une connexion exceptionnellement profonde avec les
autres. Savourez la fraîcheur des moments de relatif silence
intérieur, comme à chaque fois que vous vous souvenez
de revenir d’un rêve éveillé vers le moment
présent. Souvent les gens qui résistent le plus à
l´idée de silence au début se révèlent
finalement être ceux qui l’aiment le plus. Si vous trouvez
que vous laissez le silence s’installer en dépression
ou en échappatoire, comme une carapace, alors s’il-vous-plaît
sortez-en par une marche dans la nature, un entretien, ou du repos.
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~Les
5 préceptes
Les cinq préceptes nous
guident pour bien vivre, avec respect pour nous-même et les
autres, que notre vie spirituelle soit jeune et fragile ou mure
et robuste.
La traduction littérale des
préceptes est :
- je choisis de prendre le chemin d’apprendre à éviter
de faire du mal aux êtres vivants.
- je choisis de prendre le chemin d’apprendre à éviter
de prendre ce qui n’est pas donné.
- je choisis de prendre le chemin d’apprendre à éviter
de mal employer les plaisirs sensuels.
- je choisis de prendre le chemin d’apprendre à éviter
de parler négligemment, à tord ou pernicieusement.
- je choisis de prendre le chemin d’apprendre à éviter
l’état de non-attention et d’indolence causé
par l’alcool et les drogues.
En plus de nous débarrasser
de tendances nocives, les préceptes peuvent aussi nous inspirer
pour cultiver des qualités bénéfiques :
- Protection de tous les êtres vivants
- Générosité de coeur, d’esprit et d’action
- Eveil en douceur de la vie sensuelle et sexuelle
- Discours habile et bienveillant
- Etats d’esprit clairs et alertes
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~Générosité
La générosité,
ou dana en Sanscrit, est un pouvoir. Les enseignements
traditionnels nous disent qu’une vie dans la générosité
forme les fondations idéales pour toute autre croissance
spirituelle. Nous nourrissons ce pouvoir lorsque nous offrons un
mot gentil, un esprit ouvert, ou un cadeau de nourriture ou d’argent.
Dana fleurit lorsque nous sommes contents des choses telles qu’elles
sont, lorsque nous laissons tomber ce qui n’est pas nécessaire,
et lorsque nous ne prenons pas ce qui ne nous est pas donné
librement.
Les plus beaux de tous les cadeaux sont les enseignements
de la libération. Ces cadeaux n’ont pas de prix, et
se sont transmis sans rémunération depuis des générations.
Dans cet esprit, les enseignants et les organisateurs offrons notre
temps et nos compétences gratuitement.
La générosité nous permet d’expérimenter
un modèle économique révolutionnaire basé
sur le don volontaire plutôt que sur des tarifs fixés.
Ce système économique nous rappelle que chacun d’entre
nous apporte intrinsèquement de la valeur à tous,
est soutenu par tous, et est responsable du bien-être de tous.
La coutume moderne de payer un prix fixe pour un service ou un atelier
particulier peut nous maintenir isolés dans nos peurs habituelles
relatives à l’argent. Malheureusement, essayer de «
posséder » ou d’obtenir la valeur de notre argent
en connaissance bloque les véritables réceptivité
et croissance. En revanche, la tradition ancienne de soutien volontaire
aux enseignants a assuré le flux incessant de profonds enseignements
spirituels depuis des siècles.
Nos retraites ne s’appuient pas sur de riches
patrons pour le support financier. Les participants paient pour
l’ensemble du support qui permet à la retraite d’avoir
lieu : location des chambres et du hall de méditation, repas,
électricité, maintenance, eau potable, etc. Le coût
net de l’organisation de la retraite – incluant e-mails,
photocopies, chambres, repas et frais de déplacement du personnel
en Inde – est partagé par tous les participants. Le
prix de la retraite ne couvre que les coûts directement en
relation avec la retraite.
Les enseignants et les organisateurs ont d’autres
dépenses fixes, telles que loyers et électricité
chez eux, visas, besoins médicaux, repos entre les retraites,
correspondance, éducation, retraites personnelles, et billets
d’avions depuis et vers l’Inde. Nous nous appuyons sur
les donations pour nous aider à continuer à offrir
des retraites.
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